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Débat du jour

Publié le 19/06/2013 à 07:43 par mwendje Tags : cadre france fond homme vie internet

Devenue la bête noire sous les différents régimes successif, l’institution judiciaire du pays fait l’unanimité. Elle est la cible de toutes les critiques, même le chef de l’Etat ne s’y déroge pas. Elle est accusée à tort et à raison de tous les maux. Ces critiques sont-elles fondées et quelle réforme mettre en place ? Ceux qui la pratiquent au quotidien en débâtent. Me Fahmi Ibrahim et le conseiller Ali Ahmada. Un débat qui se poursuivra sur notre site Internet.


Ali Ahamada ancien magistrat

 

Me Fahmi Said Ibrahim

Il ne faut pas qu’il y ait confusion entre fonctionnement et dysfonctionnement de l’appareil judiciaire. Allons nous demander la dissolution du parlement parce qu’il y a des parlementaires qui ne travaillent pas bien ? Le système judiciaire comorien, dans la loi, c’est ce qui assure le fonctionnement, la régulation et les garanties des droits fondamentaux aussi bien des personnes que des biens. Mais qui peut me dire en quoi notre système judiciaire n’est pas bien ? Il ne fonctionne peut être pas bien, mais il est plus que parfait, c’est le même qu’en France, le même qu’au Sénégal, le même partout ailleurs.

 

Ce qui me gène, c’est de banaliser et céder au discours de l’homme de la rue. Je ne peux en tant qu’avocat d’abord et homme politique, céder à ce discours. Je sais que cela ne fera pas plaisir à beaucoup de gens, mais j’ai un devoir en tant que responsable de dire une certaine vérité. C’est vrai qu’il y a des choses que j’ai vécues, que je vois, que je découvre et qui sont extrêmement graves qui se passent. Mais il y a également des choses qui sont tout de même correctes. Il y a des magistrats qui sont au-dessus de tout soupçon.

 

Je n’ai pas la prétention d’avoir la solution, je pense que c’est une question de fond qui mérite une réflexion de fond, une concertation entre les corps, liée aussi bien aux consommateurs, aux magistrats, qu’aux avocats. Il ne serait pas opportun à mon avis qu’il y ait des assises sur la justice.

 

Conseiller Ali Ahmada

Il est vrai que l’appareil judiciaire fait l’objet de critiques de toutes sortes. Quelque part, celles-ci s’avèrent fondées. Toutefois, je conçois très mal que ceux qui sont à même de modifier son fonctionnement tant en matériel qu’en personnel critiquent cette institution. Je veux dire par là que le président de la République est mieux placé que quiconque pour sanctionner les aberrations, les fautes commises plutôt que de critiquer. On ne va pas passer notre vie à critiquer. Tous les régimes successifs ont critiqué cette institution, mais qu’est-ce qu’ils ont fait pour que cette machine fonctionne comme il faut ?

 

Au contraire, chacun place au parquet des procureurs, selon la couleur insulaire de celui qui est à la tête de l’Etat. Cela est au niveau des hommes, mais au niveau des institutions, pour que la justice commence à fonctionner comme il faut, il faut mettre en place le conseil suprême de la magistrature. C’est ce conseil qui doit décider des affectations des magistrats, qui va se prononcer sur les sanctions des magistrats, qui va décider leurs avancements. Et dans ce cadre, le président ne peut pas faire que ce qui a été décidé par le conseil.

 

Est-il normal qu’un magistrat qui commence à peine à travailler ait comme poste directement procureur de la République ? On a tendance à parler de l’indépendance de la justice, mais il y a plus important que cela, l’indépendance de la juridiction par rapport à une autre. Le parquet n’a pas d’ordre à donner au juge d’instruction. Alors qu’à l’heure actuelle, il y a une personne qui se donne le droit de tout commander. Nos chefs d’Etat parlent souvent d’indépendance de la justice, s’enorgueillissent de ne pas intervenir dans le fonctionnement des juridictions, mais ils s’arrangent toujours pour placer à leur tête un haut magistrat originaire de leur île.

 

Rassemblés par Maoulida Mbaé, la Gazette des Comores

Confusions et suspicions autour d’un voyage présidentiel

Publié le 18/06/2013 à 18:11 par mwendje Tags : bande homme france roman dieu fleurs voyage danse

Confusions et suspicions autour d’un voyage présidentiel

État comorien cherche volontaires pour un voyage présidentiel à Paris

 

 

Par ARM

  

   Cette fois, ce ne sont pas les politiciens comoriens installés à Paris et autres villes de France qui daubent et spéculent, mais des Mohéliens du premier cercle présidentiel qui ont commencé à s’exprimer et à exprimer leurs craintes et doutes, somme toute excessifs et sans justification. Et ce qu’ils disent donne froid au dos: «La manière dont Hamada Madi Boléro, Directeur du Cabinet du Président, Chargé de la Défense, le vrai sherpa du Président, gère le dossier relatif au voyage du chef de l’État à Paris, en en faisant une affaire de survie personnelle, fait craindre le pire. Nous craignons le pire. Nous avons peur. Nous le soupçonnons de préparer un mauvais coup au Président. Nous ne lui faisons pas confiance». Même en usant de la rhétorique la plus rassurante pour calmer les uns et les autres, rien n’y fait: «En France, le Président est dans un sanctuaire où il ne risque rien, où rien de fâcheux ne lui arrivera. Si le Président ne faisait pas confiance à Hamada Madi Boléro, il ne l’aurait jamais nommé à son poste» est un couplet qui ne calme pas les suspicions, craintes et doutes des alarmistes, qui disent d’ailleurs: «Ce n’est pas le Président qui l’a nommé; on l’a imposé au Président, qui fait avec». Une fois de plus, force est de constater qu’aux Comores, on vit dans la complotite aiguë, un climat de psychose qui fait voir des complots et des comploteurs partout, au risque de plonger dans le ridicule.

 

     En réalité, ce qui est désolant dans ce voyage présidentiel, ce n’est pas cette complotite aiguë, avec laquelle il faut prendre ses distances pour ne pas sombrer dans la paranoïa, mais son côté folklorique, aux allures de danse du bœuf sur la place centrale de Fomboni. En effet, quand on observe la liste des membres de la délégation présidentielle, là où il devait y avoir un expert, on retrouve une ménagère de Djoiezi, à qui on veut montrer la couleur de la France, pour qu’elle puisse s’exclamer: «C’est donc ça, cette France dont on nous parle depuis des années et des décennies?», et là où on devait retrouver un opérateur économique comorien, on place «généreusement» un Djoiezien qui s’est signalé depuis le 20 avril 2013 par ses appels à l’exécution des «putschistes en herbe, utilisant des méthodes d’amateurs» qui voulaient chasser du pouvoir et même exécuter le Président Ikililou Dhoinine, des appels à l’exécution qui ne sont pas sans rappeler le mot glissé à Ahmed Sambi, alors Président, par le Colonel Mohamed Anrifi Moustoifa Bacar Madi dit «José», dit «Obama», sur le Général Salimou Mohamed Amiri, qui ne cessait de le rappeler à l’ordre: «Fusille-le». Donc, la composition de la délégation présidentielle relève du folklore pur, mais un folklore qui coûte des millions de francs comoriens au Comorien.

 

     D’ailleurs, ce spécialiste des affaires mohéliennes affirme, usant de la phraséologie de celui qui maîtrise son sujet: «Nonobstant le climat de haine qui règne dans certains cercles de Beït-Salam contre tout ce qui est de Djoiezi, il a fallu faire un effort pour mettre quelques Djoieziens de service dans cette délégation, car il ne faut pas oublier que dans la délégation de danseuses qui avait accompagné le Gouverneur de Mohéli pour faire la fête lors de sa visite dansante d’avril et mai 2013 en France, il n’y avait pas de Djoieziennes, mais de Fomboniennes. La chose a été mal vécue. Il faut donc réparer». Or, ce sont ces mêmes Djoieziennes, mais de la Région parisienne, qui sont à la manœuvre cette fois, et avec beaucoup de maladresses. Les voilà donc lancées à la recherche des fleurs les plus belles et les plus odorantes pour en confectionner des couronnes pour le Président et les membres les plus éminents de sa délégation quand ils arriveront à l’Aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle. Rien que ça! Maintenant, on exporte nos salades en France. Il ne nous suffit pas de confectionner chaque jour des couronnes de fleurs aux Comores pour une bande de fêtards. Il faut, en plus, que nos mauvaises habitudes de courtisanerie nous suivent jusqu’en France! Jusqu’où ira la mendicité politique? Nous sommes tous contents que notre Président soit vu sur le perron de l’Élysée, mais est-ce une raison pour nous tourner en ridicule, en mettant sur l’excellent cou présidentiel une couronne de fleurs au salon VIP de l’Aéroport de Roissy, que le chef de l’État ne pourra pas exhiber dans les couloirs de son hôtel, en priant Dieu pour qu’on ne le parque pas une fois encore dans un hôtel de la zone de rétention pour les clandestins en voie d’expulsion?  Le coup de juin 2012… Il faudra prévoir des couronnes de fleurs pour François Hollande, sa compagne et ses collaborateurs.

 

     Par ailleurs, de l’avis des experts qui ont eu à se pencher sur la composition de la délégation du chef de l’État, on pourrait croire que certains «plénipotentiaires» ont été sélectionnés après avoir lu des affiches collées sur les places publiques comoriennes pour demander aux «volontaires» de s’y inscrire. Tout cela relève du rocambolesque. En tout cas, à l’Ambassade des Comores à Paris, on semble oublier la colère et la honte de n’avoir eu une notification officielle sur la visite présidentielle qu’à la dernière seconde, et on s’y tient à carreau, car le nouveau mot d’ordre est: «Si je revois ça, j’en informe la Première Dame». Dès mercredi 19 juin 2013, elle sera là, la Première Dame, et gare à ceux qui déplairont… En tout cas, dans certains milieux djoieziens de  la Région parisienne, on cherche à la couvrir d’amabilités, cette fois, par pur «réalisme prospectif», et pour conjurer le sort. En même temps, on nous dit que Son Excellence Monsieur Ali Saïd Mdahoma, Ambassadeur-Soleil à Bruxelles, a, cette fois, un motif officiel et légitime d’être à Paris, puisque, semble-t-il, il est l’un des animateurs de cette visite présidentielle. Ce qui signifie que Dieu aime vraiment les Comores.

 

    En tout cas, Houmed Msaïdié n’a pas attendu l’arrivée du Président, ce mercredi 19 juin 2013, pour rentrer à Moroni, lui qui, en homme qui sait vivre, dit avoir préparé son récent voyage à Paris depuis octobre 2012, et qui tient à préciser qu’il n’est pas candidat à la ministrabilité mais à la présidence de la République en 2016: «Quand on s’apprête à diriger un pays, en tant que Président de la République, on ne demande pas un poste de ministre. Tout ce que raconte lavox populi relève de la spéculation. D’ailleurs, je quitte Paris ce lundi 17 juin 2013 pour couper court à toutes les rumeurs et spéculations. Comme ça, chacun comprendra que la réalisation de ma visite à Paris, quelques jours avant celle du chef de l’État, relève de la coïncidence et non d’un objectif politique quelconque, comme cela se chuchote ici et là», a-t-il tenu à préciser avant de prendre son avion. Spéculateurs, ergoteurs et radoteurs du métro parisien, changez de sujet donc…

 

 

©www.lemohelien.com– Mardi 18 juin 2013.

Interview de Monsieur Ali Houmed MSAIDIE

Publié le 18/06/2013 à 17:54 par mwendje Tags : image paris article cadre merci blog vie bonne france belle société
 
Suite aux attaques gratuites publiées sur le blog Mbadakome contre une délégation de la CRC conduite par son secrétaire général, Houmed Msaidié, dans le cadre d’une invitation à Paris du parti socialiste français, ce dernier a appelé le modérateur de ce blog qui est Mr Kari Toihir pour éclairer certaines choses et celui-ci a sollicité une interview allant dans ce sens de la part du secrétaire général de la CRC, malheureusement Mr Kari n’a pas souhaité la publier. C’est ainsi que nous nous permettons de l’envoyer à travers les réseaux sociaux pour que les gens soient bien éclairés sur ce déplacement en France de la CRC. Nous remercions par avance tous ceux qui voudront la publier car cela contribuera au débat.

 

Interview de Monsieur Ali Houmed MSAIDIE, ancien ministre, secrétaire général de la Convention pour le Renouveau des Comores

L’arrivée à Paris d’une forte délégation de la Convention du Renouveau des Comores (CRC), composée de l’ancien président AZALI, d’Abodo SOEFO, Fakri MRADABI et de son secrétaire général, Monsieur A.H.MSAÏDIE, continue de susciter tant de questions à un moment où le chef de l’Etat Ikililou est attendu dans la capitale française. Pour comprendre, mbadakome a rencontré Mr MSAÏDIE, qui a bien voulu répondre à nos questions.

 

- MBK : Mr le secrétaire général, sur la question de la présidence tournante jusqu’à Mayotte, la position de la CRC était tranchée en faveur de la tournante. Alors, votre position a –t-elle évolué ou est-elle toujours restée la même ? Justement sur cette question, auriez-vous pris contact avec le Collectif pour la tournante ?

 

- AHM : La tournante à Mayotte est inscrite dans la Constitution. Cette disposition constitutionnelle a été complétée par une loi organique qui, clairement, indique qu’après Mohéli le tour ira à Mayotte. Mais, déjà, cette loi souligne toute la complexité du problème, puisque la tournante a débuté avec une logique du nombre de la population ; en clair, après Anjouan, on aurait dû l’organiser à Mayotte avant d’atterrir à Mohéli. Aussi, la CRC ne peut que souscrire et soutenir ces dispositions constitutionnelles, et, en même temps, demander au Gouvernement de tout mettre en œuvre pour les appliquer ainsi que la loi y relative.

 

Cependant, la réalité étant têtue, il nous appartient à tous de nous mettre ensemble pour arrêter une stratégie nationale en vue de sortir de cet imbroglio politico-juridique, en identifiant les priorités et les étapes à franchir pour aboutir à une solution satisfaisante pour toutes les parties impliquées. Ces priorités pourraient être axées, dans un premier temps, sur l’abolition immédiate du visa Balladur et l’instauration d’un dialogue permanent, sincère et fécond entre Mayotte et les trois autres îles.

 

Bien sûr, si un ou plusieurs candidats Mahorais se proposaient de relever le défi de la réconciliation nationale, il serait par conséquent du devoir de tout un chacun de soutenir ces candidatures. En effet, l’une des faiblesses du combat pour l’unité nationale et l’intégrité territoriale est l’absence d’une véritable dynamique à Mayotte ; des candidatures mahoraises à la tournante pourraient constituer l’ossature et l’armature de cette dynamique.

 

- MBK : Vraisemblablement, le 12 et le 13 juin, votre délégation a été reçue dans les locaux du Parti socialiste, rue Solferino ; avez-vous saisi cette belle occasion pour plaider en faveur du retour de Mayotte dans son giron naturel auprès du patron du PS et croyez-vous que le peuple comorien est prêt à pardonner quiconque signerait tout traité obligeant la partie comorienne à renoncer à l’ile comorienne de Mayotte ?

 

- AHM : Effectivement, nous avons été reçus à Solférino, sans la présence de l’ancien Président Azali Assoumani, en visite privée en France. Oui, nous avons abordé plusieurs sujets dont notamment la question de Mayotte.

Il convient ici de noter que nous prônons le dialogue entre toutes les entités suivant la déclaration faite à Moroni par l’ancien Président Mitterrand selon laquelle « il y a plusieurs façons de réaliser l’unité ». Oui, il convient d’instaurer un dialogue entre toutes les parties en mettant sur la table les principaux sujets qui forment la mouture du conflit, à savoir : la nécessité impérieuse de respecter l’unité et l’intégrité des Comores ainsi que le droit international en matière d’accession des pays colonisés à l’indépendance ; ensuite, se conformer au droit interne français ; enfin, la prise en compte de l’expression maintes fois réitérée de nos frères et sœurs de Mayotte.

 

Cela étant dit, je dois souligner ici qu’il est inutile de continuer à chasser des prétendus traitres à la cause comorienne que représente la question de Mayotte. Il importe plutôt d’encourager toutes les initiatives qui aboutiraient à l’ouverture d’un dialogue permanent entre toutes les parties sous l’œil bien entendu vigilant de la communauté internationale ainsi que de la société civile.

 

- MBK : Monsieur le secrétaire-général, les Comoriens s’interrogent sur la position de votre parti vis-à-vis du gouvernement car pas moins de dix postes importants sont occupés par des membres de la CRC. Seriez-vous encore dans l’opposition ou dans le gouvernement ?

 

- AHM : Je crois, cher frère, que vous êtes mal informé. Aucun membre, je dis bien, aucun membre de la CRC n’occupe un poste important, hormis Boléro, et, comme vous le savez, en congé du parti. Il ne faut quand même pas confondre le fait d’avoir occupé un poste important au cours de la présidence du Colonel Azali avec l’appartenance systématique à notre parti.

 

- MBK : La rumeur circule que depuis la nomination de Mr. Boléro au poste de directeur de cabinet à la présidence de la République, ce dernier aurait pris ses distances avec la CRC, pourriez-vous confirmer ou infirmer cela ?

 

- AHM : Monsieur le Directeur de Cabinet est en congé du parti. La CRC continue son bonhomme de chemin en menant une opposition constructive au régime en place. Vous noterez qu’au moins une fois par mois, la CRC s’exprime sur différents sujets touchant à la vie nationale. S’il arrive que parfois la CRC salue tel ou tel acte, il n’en demeure pas moins que le gouvernement actuel tarde à répondre aux préoccupations de la population en matière de cherté de la vie, en matière de chômage des jeunes – surtout les diplômés, de lutte contre la corruption, de bonne administration de la justice, last but not least, en matière d’accès aux médias publics…etc. Le dernier rapport du PNUD sur la détérioration de l’IDH (Indicateur de Développement Humain) prouve que le Gouvernement est loin de remplir ses obligations élémentaires vis-à-vis de nos concitoyens. En cela, les bilans qu’on nous a présentés dernièrement relèvent davantage d’une vue de l’esprit que de la réalité que vivent nos concitoyens.

-MBK : Merci Monsieur le Ministre.

- AHM : Je vous remercie également de l’intérêt que vous nous portez.

Mbadakome, propos recueillis par K.A.T

Source: Comores-Actualités

Qui est réllement la CRC?

Publié le 18/06/2013 à 17:16 par mwendje Tags : paris danse centerblog monde bonne chez france background histoire belle roman 2010 voyage voiture afrique
Qui est réellement la CRC ?
 
  

La CRC est un parti créée par Assoumani AZALI, ce parti s’est illustré par le fait qu’il a toujours perdu les élections. Rappelons nous-en. Azali a "remporté" les élections de 2002 grâce à deux facteurs: Primo, l’erreur qu’ont commise MRADABI et KEMAL à se désister à l’élection générale pour protester contre les fraudes orchestrées par le clan AZALI et l’armée sous ses ordres. C’était du pain béni pour AZALI et les siens. Secundo, l’ambassadeur de France de l’époque, LAJAUNIE, y a très largement contribué. Le subterfuge fût le passe-passe électoral qui a permis la tenue des élections sans les concurrents au second tour.

 

Pour crédibiliser ce tripatouillage électoral, la proclamation des résultats fût prononcée par des magistrats étrangers venus spécialement pour la bonne cause. Pour la petite histoire, le prince KEMAL avait dénoncé AZALI et l’a accusé de pleutre et traitre. Ce dernier aurait abandonné son armée pour fuir dans un coffre de voiture de l’ambassade France à Moroni pour se réfugier chez le propriétaire de la voiture après le coup d’Etat de Bob DENARD en 1995. "Vous savez, dans un pays qui se respecte, AZALI devait passer devant une cour martiale" s’exclamait KEMAL dans tous ses meeting de campagne de 2002. Il n’avait pas tout à fait tort. Toujours en 2002, tous les candidats du pouvoir AZALI , aux présidentielles des iles, ont perdu magistralement les élections.

 

En 2004, la CRC a perdu les législatives de l’union ainsi que celles des iles. En 2006, le candidat de la CRC, Ibrahim HALIDI est laissé en rase campagne, il regrette d’avoir été le candidat de la CRC, l’ex-candidat est amer jusqu’à ce jour. Le vice-président d'AZALI, Caambi Alyachourtu, avait quand à lui, dès le départ, refusé d’être cautionné par la CRC, pour lui, le nom de CRC était très lourd à porter, AZALI et Msaidié lui en veulent jusqu’à aujourd’hui. En 2007, le candidat de la CRC à la présidentielle de l’ile de NGAZIDJA, MSAIDIE, après avoir exercé le pouvoir, sept durant, a obtenu un peu plus de six pour cent des suffrages exprimés, MSAIDIE et la CRC se sont ralliés, avec armes et bagages, à LARIFOU et ont perdu le élections, ABDULWAHAB, dicab de SAMBI l’a emporté haut la main. En 2009, La CRC n’a pas réussi à obtenir, même un député WA DALAO.

 

En 2010 la CRC envoyât  BOLERO dans les primaires de MOHELI et ce dernier a obtenu un peu moins de mille voix, belle gifle. Dans une démocratie authentique, BOLERO devrait disparaitre, à jamais, de l’arène politique, sous la démocratie des bananiers, il en va autrement bien sûr, ceux qui ont été rejeté par le peuple souverain retrouvent tous les honneurs de la république bannière, ainsi va le monde. Dans ces républiques, le peuple après s’être prononcé,  on le met de coté jusqu’aux prochaines élections. Toujours en 2010, dans les élections générales, la CRC s’est ralliée à FAZUL et tous les barrons de cette formation ont mis la main dans la poche, AZALI a largement financé FAZUL, ils ont perdu les élections. Voila en résumé, l’histoire électorale de la CRC. Pourquoi dans ce contexte la France veut, à tous prix, imposer la CRC et le réhabiliter sans la vox populi ?

 

Les conseils de l’Ambassade de France à Moroni, vont ils être payant, cette fois-ci, ou encore une fois elle passe à coté de la plaque ?  Selon notre source, le voyage de la CRC à la veille d’un remaniement annoncé, est de solliciter le PS Français, au pouvoir à Paris, rappelons le, d’intervenir auprès de Ikililou DHOININE pour prendre quelques barrons de la CRC dans le prochain gouvernement. On est très habitué hélas, aux Comores, de voir l’ambassade de France intervenir auprès de nos chefs d’Etat pour faire rentrer tel ou tel au gouvernement. Rappelons nous-en, en 1997, Michel ROCARD envoyé spécial de la France dans la conférence de TANANARIVE sur la crise Comorienne, de passage à Moroni, il n’avait pas hésité à recommander Mzimba pour rentrer au gouvernement de TAKI, ce fût chose faite immédiatement. Ce dernier s’est empressé, sur injonction de ROCARD, de retirer la plainte déposée contre un navire Français qui a violé les eaux territoriales comoriennes en pleine crise séparatiste. Cette plainte au conseil de sécurité des nations unies, avait été déposée par son prédécesseur MOUHTAH CHARIF, alors ministre des relations extérieures de feu TAKI.

 

A titre de rappel, Rocard est un socialiste et il a apporté tout son soutien aux séparatistes Anjouanais, c’est un grand admirateur de Bob DENARD selon ses propres déclarations dans un interview q’il avait accordé à Rue89 il y a environ 3 ans. Le schéma institutionnel de la constitution de 2001 fût l’oeuvre de ROCARD qui avait remis, à l’époque, le document devant servir de base au PRC de BOLERO et Mchagama à TANANARIVE, souvenons nous-en. Le but était d’affaiblir l’Etat central pour mieux diviser les Comores. Le PS a eu ses interlocuteurs à Moroni, ils s’appellent BOLERO, AZALI et plus tard tout naturellement la CRC. Alors pourquoi s’étonner si, à défaut d’obtenir la légitimité auprès du peuple Comorien, la CRC cherche à obtenir cette légitimité auprès du PS Français  et du gouvernement Français ? La CRC est en droit d’attendre un retour de l’ascenseur après tant de services rendus et collaborations franches et sincères n’est-ce pas ? Ces questions nous semblent légitimes et on attend voir si l’homme fort de Moroni va s’exécuter, lui aussi, comme l’avait fait à l’époque TAKI aux injonctions de Paris. Et le pauvre peuple Comorien dans toute cette combinazione ? Vous avez dit que la France-Afrique est finie ? 

 

Excellence, monsieur le président de l’Union des Comores, n’oubliez pas une seule chose:  vous êtes élu par le peuple comorien contre les autres candidats qui vous courtisent aujourd’hui, n’oubliez pas que si le peuple comorien avait voulu de BOLERO, la CRC et leur politique, c’est BOLERO qui aurait été élu et il serait président aujourd’hui. Alors de grâce, respectez la volonté du peuple comorien, il vous a fait confiance et choisi contre les huit autres candidats, ne faites pas la politique de BOLERO par procuration, ne le laissez pas vous entrainer dans sa danse et ne le suivez pas dans ses pas, vous n’avez pas les mêmes valeurs. Monsieur le président, tout un peuple, plus que jamais, a les yeux rivés sur vous et c’est à ce peuple et à lui seul que vous devrez rendre des comptes demain. L’histoire demeure le seul juge comme nous le disait notre cher et regretté MONGOZI. Excellence, HOULI  YE ROUDI. 

 

Source:Mbadankomé via http://www.comores-actualites.com/actualites-comores/qui-est-reellement-la-crc/#.Ub-r3cxHpA8.email

Boinafumu

Raïs IKI en France : entre De Gaulle et Pétain

Publié le 18/06/2013 à 12:56 par mwendje Tags : message monde bonne homme article france
Raïs IKI en France : entre De Gaulle et Pétain.
 
Notre président a t-il la fibre gaullienne ou "pétainienne" ? Réponse dans quelques jours à Paris.

Il y a 73 ans, jour pour jour, le Général de Gaulle lançait, le 18 juin 1940, son célèbre appel à la résistance contre l’ennemi de la France. Suite à la capitulation du Maréchal Pétain et du gouvernement de Vichy, De Gaulle s’est réfugié à Londres d’où il a invité les Français à refuser la défaite et à combattre.


Dans son discours, le Général a dénoncé ceux qui se sont « 
mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat ». Il a, en outre, ajouté que malgréla force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi, le dernier mot n’est pas dit, l'espérance ne doit pas disparaître, car la défaite n’est pas définitive. Il a conclue son discours par cette jolie phrase : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ».

Cet homme a changé la face du monde, par son courage et grâce au soutien que lui a accordé Winston Churchill. Il est entré dans l’Histoire par la grande porte, cependant que le Maréchal Pétain en est le rebut. On a vite oublié que ce dernier était le vainqueur de la "bataille de Verdun" ; seule l’image de "collabo" du régime nazi est restée dans la mémoire collective.


Quelques jours après l’anniversaire du "18 juin", Raïs IKI sera reçu à l’Élysée.  Sollicité ou sollicitant ? Peu importe, il y sera. Pour ma part, je pense que c’est une erreur diplomatique, mais n’étant pas du métier, je me trompe probablement. Surtout que le président est entouré par d’éminents diplomates professionnels, capables de justifier que la "visite officielle" d’un pays occupant une partie de notre territoire, est opportune … en cette période de Rupéisation de Mayotte.


Comme j’ai eu à l’écrire dans un précédent article, en soit, cette visite sera perçue et utilisée comme un consentement implicite de l’État comorien à la Rupéisation de Mayotte. L’Union européenne s’en saisira pour se donner bonne conscience.


Raïs IKI sera sûrement exposé sur le perron de l’Élysée, face au monde. Il aura un choix (cornélien ?) à faire. Parler ou se taire ? Parler pour dire quoi ? De mon point de vue, se taire serait la pire des choses. Et comme tout ce qu’il dira sera retenu contre lui, à Moroni ou à Paris, je conseillerais au président de tenir un discours franc et sans ambigüité aucune. La comorianité de Mayotte n’est pas négociable.Notre "amie", la France, doit accepter d’ouvrir avec nous, des négociations sur les modalités pratiques et techniques du retour programmé de Mayotte dans son giron naturel, confirmé et validé par toutes les instances et organisations internationales, l’ONU, l’UA, la Ligue arabe, la Conférence Islamique, le Mouvement des Pays Non-Alignés, notamment.


Quels que soient les mots qu’il utilisera pour le dire, pourvu qu’il le dise, dans des termes claires, qui ne laisseront aucune possibilité d’interprétation contraire à l’esprit du message.


En tout état de cause, à l’issue de cette visite, Ikililou en sortira soit comme le Général De Gaulle, soit comme le Maréchal Pétain … comorien.


Abdou Ahmed,
Paris

Littérature comorienne, récurrence et sociohistoire

Littérature comorienne Récurrences et sociohistoire

Saindoune Ben Ali - Djando la waandzishi.

 

Les obsessions d'une littérature. Thématiques et hantises dans le paysage littéraire des Comores. Saindoune Ben Ali, poète et membre fondateur du collectif Djando la Waandzishi, s'interroge sur le rapport entretenu par ses concitoyens écrivains avec l'histoire, leur histoire.


L'évidence des indices d'historicité travaille dans l'écriture littéraire comorienne de cette dernière décennie, avec une telle insistance, avec une telle prégnance, qu'elle donne toujours lieu à des questionnements, quant à leur acception, et surtout, leur pertinence, en tant que matière semblablement constitutive d'un imaginaire ou seulement d'une poétique littéraire. Nombreux, en tout cas, sont les œuvres d'auteurs comoriens qui, au-delà des différences scripturales ou stylistiques, interrogent les mêmes thématiques, et restent traversées par une perspective quasi identique d'une lecture de l'histoire, d'une littérarisation de l'élément historique.



Déjà dès 1985, avec La République des imberbes (1), Mohamed Toihiri lance les premiers coups contre la fenêtre de l'Histoire. Interprétation, traduction, esthétisation. Tout ce qui renvoie au miroir biface des signes, aux expressions les plus diversifiées amplement récupératrices de ces zones de la perception et de la représentation, de la dimension socio-politique et de la réalité historique, en passant par En un cri silencieux (2) de Baco Abdou Salam, parLe Bal des mercenaires (3) de Aboubacar Said Salim Aboubacar, par le truchement paradoxal de la première publication d'une œuvre en langue française, simple transcription de contes et de légendes, disons - ? - qui n'est qu'une haute référence déjà aux traditions du passé, manière de dire l'élément historique, symboliquement à valeur expressive.


*Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire l'article dans son intégralité.

1. Editions L'Harmattan.
2. L'Harmattan.
3. Éditions Komedit.
4. L'Harmattan.
5. Éditions IstaMbul.
6. L'Harmattan.
7. Éditions Cœlacanthe.
8. Buchet/Chastel.
9. Komedit.
10. Éditions A3.
11. Aux éditions Bilk & Soul, Komedit et De la Lune.
12. Komedit.
13. Komedit.

Lire l'article dans son intégralité, cliquez sur ce lien!!!


Source :http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=11588

MBENI RESERVE UN ACUEIL CHALEUREUX A LA DELEGATION OMANAISE

Publié le 18/06/2013 à 07:37 par mwendje Tags : femmes amour

M’béni réserve un accueil chaleureux à la délégation Omanaise

Arrivée aux Comores pour prendre part aux journées culturelles comoro-omanaises, la délégation de 17 personnes dont un égyptien a effectué une visite au nord de Ngazidja. Elle se trouvait à M’béni, chef lieu de Hamahamet là où la population de cette ville leur a reversé un accueil très chaleureux.


Accueil à Mbéni de la délégation omanaise

Ce dimanche, la ville de M’béni semblait en fête par les habits et par les activités folkloriques réservés aux hôtes de marques. Elle s’est mobilisée pour un accueil en grande pompe de la délégation de ce sultanat du Golfe venue rendre visite à cette région. Et ce n’est pas pour rien si « une telle ambiance a marqué la journée », se justifie le notable Mohamed Maamoune. Ce grand chef religieux de la ville rappelle à l’assistance un fait d’histoire. Selon lui trois Omanais avaient contracté un mariage à Mbéni. Car « parmi les arabes qui ont découvert l’île de Ngazidja, se trouvaient des Omanais », a-t-il ajouté.

 

Dr Mohamed Nassur Almahrouky, chef de cette délégation pense qu’à M’béni et partout où ils ont fait le déplacement, « nous voyons des hommes et des femmes ressemblant à des Omanais, qui marchent sur le territoire comorien », a-t-il témoigné sous les applaudissements de la foule. « Nous avons une même langue, une même tenue vestimentaire, voire même un amour très solide », déclare ce Docteur qui, chaque fois qu’il foule le sol comorien, n’arrive pas à faire la nuance entre un Comorien et un Omanais. De telle sorte que « je ne voix pas des personnes mais plutôt des âmes qui s’aiment mutuellement », indique ce chef de la délégation.

 

Les hôtes de M’béni ont répondu à midi à un diner d’honneur qui leur a été offert par l’ancien ambassadeur des Comores en Arabie Saoudite Hamidou Karihila. A 15h, la délégation a fait la prière dans une mosquée qui porte le nom d’Adisama un ancien dignitaire Omanais aux Comores. Dans l’après-midi, un Madjlisse a été organisé à cette occasion mais aussi pour récolter de l’argent destiné à financer les travaux de finition d’un chantier local.

 

Ibnou Med Abdou

Un gros bonnet et passeur de Kwassa arrêté à Anjouan

Publié le 17/06/2013 à 10:10 par mwendje Tags : nuit bonne chez enfants amis femme mer

Un gros bonnet et passeur de Kwassa Kwassa arrêté à Anjouan

 

Sauve qui peut. Et là des cibles sont recherchées sans connaitre qui et quand mais halte pour les fans de la mer. Une fois encore les passeurs de l’île d’Anjouan pour la traversée vers Mayotte viennent de subir une douche froide suite à l’arrestation de Djamel Eddine, connu sous le surnom de NJEWOU.


Njewou au 2ème plan arrêté à Domoni Anjouan

Il était un des gros bonnets les plus recherchés par les patrouilleurs de mer. Cela s’est passé dans la nuit du samedi 15 juin aux environs de 22h00 chez lui dans la ville de Domoni à Anjouan. Il s’agit d’une arrestation musclée car on a vu non seulement les forces comoriennes mais aussi des étrangers. Les témoins sur place parlent de policiers français.

 

Une arrestation qui vient s’ajouter encore à celles d’Ahmed Said Ali (Lothar) en janvier 2011 à Madagascar où ce dernier était parti avec son équipe pour la coupe des champions de l’océan indien, et d’ADI en février de la même année au large de Mayotte. Aujourd’hui c’est un joli coup de filet pour les autorités comoriennes, mais surtout françaises qui avaient lancé un mandat d’arrêt international contre des passeurs. Un mandat d’arrêt qui date de quelques années pour quatre passeurs de kwassa, dont NJEWOU faisait partie selon nos sources. Voilà que Njewou est déjà dans les filets de la justice.

 

Djamal Eddine alias Njewou est arrêté sous bonne escorte samedi soir sans connaitre la destination et laissant derrière lui une femme avec des enfants dans la douleur, dans le suspense et des pleurs. Connu comme passeur de kwassa ou grand patron de cette activité, certains de ses amis disent qu’il était au courant qu’il était recherché. Il est maintenant aux mains des forces de police sans connaitre sa destination.

 

Ce qu’il faut retenir c’est que la rue commence à parler « ce n’est pas la justice comorienne qui va s’en occuper car ce sont des procédures qui dépassent notre pays ». En janvier 2011 Ahmed Said Ali a été arrêté à Madagascar pour les mêmes raisons, notre gouvernement a demandé que ce dernier soit rapatrié chez lui et jugé sur place sans succès. Lothar est extradé à Mayotte par le biais du gouvernement malgache. Et l’on croit bien que c’est ce qui va se passer avec cette arrestation de Njewou à Domoni Anjouan. A l’heure actuel, HZK-Presse / La Gazette n’a pas pu confirmer s’il est dans une prison à Anjouan ou déjà transféré à Mayotte.

 

Naouir Eddine Papamwegne

CRC en vadrouille, plainte du RIDJA

Publié le 17/06/2013 à 08:39 par mwendje Tags : aimer merci centerblog vie monde france paris voyage afrique

Les Comores de Papa, de Moroni-sur-Seine à Paris-sur-Gnombéni

Visite présidentielle, CRC en vadrouille,plainte du RIDJA et entraide judiciaire

Par ARM

Les Comoriens politisés de la Région parisienne ont retrouvé leurs chères et vieilles habitudes. Ils jasent. Et daubent. Ils spéculent. Ils se perdent en conjectures. Dans le métro de Paris, les paris sont lancés. Mais, cette fois, c’est l’agenda politique comorien, transféré de Moroni à Paris, qui alimente les sautes d’humeur de Radio Cocotier: la plainte du RIDJA contre X à Paris, la CRC qui fait son méchoui dans un pique-nique géant au pied de la Tour Eiffel, le Président de la République qui va se faire photographier et filmer sur le perron de l’Élysée et psalmodier un discours dont ont connaît déjà la teneur à la virgule près – merci Abdou Ahmed –, le Super Procureur Soilihi Mahmoud qui parle d’une demande d’entraide judiciaire franco-comorienne pour tenter d’élucider la ténébreuse tentative de putsch du 20 avril 2013, etc.

 

C’est à croire que la capitale des Comores n’est plus à Moroni, mais à Paris. Le 4 août 1980, Mouammar El Kaddafi avait dit vouloir de fermer l’ambassade libyenne au Gabon, pour la transférer à Paris, arguant du fait que «la dépendance continue de certains États envers la France amènerait la Libye à envisager le transfert de sa représentation dans ces pays à Paris, où se trouve leur place naturelle». Piqué au vif, Omar Bongo Ondimba avait rompu les relations diplomatiques entre son pays et la Libye. Il y a quand même paradoxe car, plus on accuse la France de tous les maux des Comores, plus on se replie vers elle. On connaît la remarque assassine d’Amadou Toumani Touré, alors chef de l’État malien, qui avait beaucoup amusé le Président Jacques Chirac: «Lorsque la France s’implique en Afrique, on dit qu’elle joue au gendarme. Lorsqu’elle décide de se replier, on dit qu’elle nous abandonne. Maintenant, il est temps que l’on sache ce que l’on veut» (Conférence de presse conjointe de Jacques Chirac, Amadou Toumani Touré, et Marie Tamoifo Nkom, porte-parole des délégués de la Jeunesse africaine, à l’issue du 23ème sommet Afrique France, Bamako, dimanche 4 décembre 2005).

 

C’est ainsi qu’une semaine avant l’arrivée d’Ikililou Dhoinine à Paris, la crème sacrée de la CRC est arrivée à Paris, sur invitation du Parti socialiste français au pouvoir, nous dit-on. Et, il ne s’agirait que d’un simple hasard de calendrier, nous dit-on toujours. En tout cas, cette visite de la CRC à Paris donne aux adversaires de ce parti d’accuser Azali Assoumani, Houmed Msaïdié et Abdou Souef d’être des manants qui ne connaîtraient rien aux bonnes manières et qui voudraient être reçus à l’Élysée en même temps qu’Ikililou Dhoinine, et qui ne seraient pas fâchés de quitter Paris avec l’engagement d’un futur soutien à la CRC lors des élections à venir, voire un petit chuchotement de François Hollande à l’oreille droite d’Ikililou Dhoinine pour la nomination de Houmed Msaïdié à un poste ministériel à l’issue de ce serpent de mer qu’est le remaniement ministériel qu’on dit chaque jour «imminent». Allons, allons. Les émirs de la CRC n’ont pas besoin d’un petit pèlerinage à l’Élysée, eux qui sont des habitués des palais présidentiels. Comme on ne prête qu’aux riches, la promenade de la CRC à Paris une semaine avant l’arrivée d’Ikililou Dhoinine est attribuée à l’inévitable autre baron de la CRC qu’est Hamada Madi Boléro, Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense, que les adversaires disent «en disgrâce». Hum.

 

En tout état de cause, cette visite présidentielle est au centre de toutes les conversations politiques. Est-ce que le Vice-président Fouad Mohadji, le frère ennemi, parti à Rome le vendredi 14 juin 2013 et qui sera à Paris en même temps que le Djoiezien, en sera associé? Dans quels termes? Pourquoi Hamada Madi Boléro, dans sa boulimie du pouvoir, s’est-il fait de nouveaux ennemis, se demandent ses détracteurs, en monopolisant avec gourmandise la préparation de ce voyage au point de n’en informer officiellement l’Ambassade des Comores à Paris que sur le tard, quand il n’était plus possible de la tenir à l’écart d’un tel événement? Du banabana donc. Et puis, cette visite est vécue par certains zélés et fanatiques comme si la vie des Comoriens encore sur terre en dépendait, tout comme l’entrée au Paradis de ceux qui ne sont plus de ce monde. Personne ne parle des millions de francs comoriens que va coûter cette visite qui n’ira pas au-delà de son caractère rituel et protocolaire, de quelques phrases mal préparées par un Service de Communication inexistant et de l’obligation faite aux agents de l’État comorien qui devront cesser toutes leurs activités pour accueillir le chef de l’État à Hahaya quand il sera de retour aux Comores. Le folklore continue… La vie aussi.

 

Par ailleurs, les observateurs sont unanimes sur un point: la dernière tentative de putsch sera évoquée par Ikililou Dhoinine et son «frère» blanc, le Président François Hollande, à un moment où les Comores sollicitent l’aide de la France sur le volet «français» de l’affaire, celui de l’implication de ressortissants français et d’étrangers vivant en France. Ce qui n’est pas sans soulever de multiples questions sur la plainte du RIDJA et d’associations que personne ne connaît aux Comores. Regardons-nous les yeux dans les yeux et disons-nous la vérité.

 

Dans l’affaire, c’est la vie et la présidence d’Ikililou Dhoinine qui étaient menacées, et personne ne peut aimer Ikililou Dhoinine qu’Ikililou Dhoinine lui-même. Personne ne peut le soupçonner de complaisance envers des mercenaires qui voulaient le renverser et le tuer. Alors, si on croit qu’Ikililou Dhoinine attend que ça soit autrui qui le protège par de spectacles judiciaires à Paris, c’est qu’on est en plein délire.

 

Ce qui est sûr, c’est que cette visite présidentielle est organisée à un moment où tout le monde est convaincu que le vieux serpent de mer, le fameux remaniement ministériel, est encore présenté comme «imminent». Certains affirment que le Président de la République a demandé à chaque Vice-président de lui proposer des personnalités ministrables de son île d’origine. Du coup, la résidence de tel Vice-président est transformée en dortoir par des candidats à la ministrabilité douteuse, et son épouse le centre de toutes les amabilités. Cela s’appelle le «réalisme prospectif à la comorienne».

 

 

© www.lemohelien.com – Dimanche 16 juin 2013.

Interview Exclusive du Général Salimou

Publié le 13/06/2013 à 12:44 par mwendje Tags : paris oiseaux blog centerblog vie moi monde bonne fond enfants amis france femme heureux 2010 dieu mort bande

Interview Exclusive du Général Salimou 

«Ma radiation de l’AND est due à une affaire de prétendue rébellion contre la justice?; pourquoi ma réintégration serait, elle, liée?au procès de ‘l’affaire Combo’?»

 

Depuis son acquittement par la Cour d'assises le novembre 2012, le Général? Salimou Mohamed Amiri, ancien Chef d'état major de l'AND, mis sous "contrôle judiciaire surveillé" du 31 août 2010 au 2 novembre 2012, pour les besoins de l'enquête sur le meurtre du lieutenant-colonel Combo Ayouba,? vient d'accorder exclusivement? son?premier ?entretien conjointement aux Blogs Dafinemkomori, Mlimadji, Lemohelien et Ridja.

Question 1?: Vous êtes en France et des rumeurs selon lesquelles vous vous y êtes exilé circulent.

Que répondez-vous?

Pour commencer, je tiens à vous remercier de vous soucier à ce point de ma situation, vous blogs qui recueillez cette interview et qui êtes incontournables dans la blogosphère comorienne, à savoir, Dafinemkomori, Mlimadji, Lemohelien et Ridja blog?; je vous dois une fière chandelle, ainsi qu’à tous les blogueurs et autres espaces sociaux qui m’ont soutenu et relayé le soutien de ma cause pendant mes deux années de «?contrôle judiciaire surveillé?», qui croyez-moi, étaient plus que surveillées. Vous avez, pour parler comme Martin Luther King, refusé ce «?silence coupable des bons hommes?» et je vous en rends gloire.

 

Quant à votre question, j’y réponds à la manière de Danton qui rétorqua un jour?à ceux qui lui conseillaient de fuir son pays pour se mettre à l’abri de ceux qui voulaient bonnement sa mort:?«?est ce qu’on emporte sa patrie à la semelle de son soulier?».

C’est vrai que j’ai été humilié, diabolisé, traité plus bas que terre surtout pendant mes deux fameuses années de «?contrôle judiciaire surveillé?» ?; c’est vrai que ma famille, mes amis et proches, ainsi que tous ceux qui voulaient être de mon côté, y compris mes avocats, étaient insultés et maltraités par la bande à Tackfine Ahmed, lequel occupe aujourd’hui un poste hautement stratégique à l’état-major de l’AND?; c’est vrai que de ce point de vue l’exil peut tenter un être comme moi dont la vie publique et privée a été volée et doit être reconstruite avec (heureusement) la foi sauvage du soldat?; quelqu’un dont la dignité et l’honneur ont été livrés aux haineux, aux oiseaux de mauvais augure; quelqu’un dont le destin est aujourd’hui incertain et qui, comme le «?bateau ivre?» du poète, «?ne sait plus si le vent veut rire ou pleurer?»?; quelqu’un qui s’est donné à fond pour son pays et son armée mais qui, aujourd’hui, par mépris et rejet, n’est même pas cité quand on célèbre la date de l’opération «?Démocratie aux Comores?»?; je voudrais aujourd’hui et maintenant rassurer les comoriens?: mes convictions pour une armée républicaine apolitique et pour un pays de droit restent intactes?; et de toute ma vie, malgré les aléas de celle-ci et Dieu sait que j’en ai connus, ne m’est jamais venue l’idée de fuir mon pays, de m’exiler; ce serait trahir ma patrie et ce serait me trahir moi-même.?

 

Non, je resterai dans mon pays et à son service jusqu’à mon dernier souffle?; par conviction personnelle et par fidélité à tous les comoriens qui m’ont aimé et soutenu?; je leur dois la vie sauve grâce à leur mobilisation quand j’étais dans de beaux draps, comme on dit?; je le répète, l’amour et la mobilisation des comoriens autour de ma modeste personne ont été sans précédent dans l’Histoire de notre pays?; je ne peux donc qu’être avec et à côté d’eux?; c’est tout le sens de mon allocution à Marseille quand j’ai déclaré?:?«?

 je me sens très fier d’être comorien?».

Je ne suis donc en France que pour, excusez du peu, visiter ma famille, remercier mes soutiens et faire un check-up médical aussi complet qu’indispensable.

 

J’ai ma conscience bien tranquille, pas celle de quelqu’un qui doit fuir son pays?; m’exiler ailleurs serait une autre incarcération pour moi, ou un autre «?contrôle judiciaire surveillé?» pour reprendre les termes inédits de Rachadi Mchangama.

 

Question 2?: Cela fait quand même un peu plus de cinq mois que vous vous trouvez en France?; pourriez-vous nous dire pourquoi??

Je voudrais tout de même rappeler que ça a été un déchirement, voire un drame, de passer plus de deux années de confinement loin de ma précieuse et irremplaçable famille, c’est à dire, ma femme et mes enfants, mais également mes frères et sœurs, beaux-frères, cousins et cousines, neveux et nièces, oncles et tantes, …lesquels vivent en France dans leur grande majorité?; vous comprendrez que dans ces conditions, le temps ne me semble pas compter tant je sens l’irrépressible besoin d’être encore et longtemps à leurs côtés, de vivre et revivre avec eux cet exercice de libération et de purgation des passions, d’extériorisation des émotions, de catharsis en définitive?; n’avons-nous pas en tête ces instants où ma femme, pour me rendre visite, était fouillée de fond en comble? ne fut elle pas obligée, avec les enfants, face aux humiliations, menaces et harcèlements dont elle faisait l’objet, de trouver refuge ici même en France?où ils vivaient aux crochets des bienfaisants? ne nous souvenons-nous pas de ces moments où mes frères et sœurs, cousins, amis et connaissances étaient virés comme des malpropres s’ils dépassaient d’une seconde les 20 minutes de temps de visite allouées par l’honnête, bienfaisant et distingué Procureur Général Nidhoimi Attoumane d’excellent renom?? imaginez-vous, pour moi, la joie de voir pour la première fois en France mon fils RAHA le bien prénommé, né pendant que j’étais dans l’embastillement?aux Comores? Il y a des moments de bonheur et de cohésion retrouvée pour lesquels je m’en voudrais énormément si je n’y étais pas?! Dans ce contexte, voyez-vous, le temps me semble avoir suspendu son envol tout en me susurrant?: «?où d’autre peux-tu être plus heureux qu’en famille???» Voilà, qui plus est, un dilemme existentiel?: la famille ou le pays?? Moi je dépasse le dilemme pour choisir les deux, la famille et le pays.

D’autre part les visites médicales m’obligent à des contraintes de temps?difficilement compressibles; en France, et vous le savez bien, elles prennent du temps au gré de rendez-vous bien espacés avec les docteurs et je n’y peux rien?; dans ces conditions, je suis obligé, comme on dit, de prendre mon mal en patience, étant entendu que pour moi comme pour tout le monde d’ailleurs, rien ne vaut la santé

 

Question 3?:

Le 23 février 2013, vous étiez accueilli triomphalement par une grande foule à Marseille. Comment réagissez-vous par rapport à cet accueil?

 

Vous avez raison de parler d’accueil triomphal car la mobilisation de Marseille fut une première historique qui n’avait jamais été réservée à un comorien auparavant. Cela dit, rien ne m’étonne dans cet accueil de Marseille si j’en juge par ce que j’avais connu avant ma libération, en termes de soutien et de sympathie de la part de la diaspora comorienne en général, celle de Marseille en particulier?; bien avant cette cérémonie, durant mes deux années d’embastillement, la diaspora comorienne, celle de Marseille en tête, n’avait ménagé aucun effort pour me soutenir, dénoncer l’injustice dont je faisais l’objet, mobiliser nationaux et étrangers en ma faveur; faut il rappeler les nombreuses manifestations organisées dans cette ville, les campagnes de dénonciation, les fortunes dépensées?? A présent que le résultat est là, la diaspora comorienne en général, celle de Marseille en particulier, à travers cette cérémonie, tenait à fêter sa victoire?; elle se félicitait pour ses efforts couronnés de succès?; elle me félicitait également et m’encourageait pour la réappropriation d’une vie normale après celle marquée par la calomnie, l’injustice, l’isolement?; je tiens à remercier de tout cœur les plus de 1500 personnes présentes ce jour là à la salle des Docks Sud de Marseille pour leur diligence et la passion qui se lisait sur leurs visages?;

 

beaucoup de comoriens ont réclamé de telles cérémonies dans d’autres villes comme Paris?; les circonstances ne nous le permettent pas et je m’en excuse ici très sincèrement.

 

Je dois également remercier ici les autorités et volontés étrangères, françaises en l’occurrence, qui nous ont honorés de leur présence à cette cérémonie-là.

Question 4?:

Votre comité de Soutien, vos avocats et vous même avez entamé des démarches pour votre réintégration dans l’AND. Où est ce que vous en êtes?

Comme on dit, l’Histoire est tragique?! Il semble que la priorité aujourd’hui c’est la réintégration des anciennes milices de la FGA (Force de Gendarmerie d’Anjouan) sans qu’elles aient été au moins jugées ou fait la moindre repentance?! Une prime bien sûr au séparatisme et à la bêtise contre l’Etat?! Comment peut-on refuser de réintégrer dans l’AND ceux qui ont été jugés et lavés de tout soupçon pour privilégier ceux qui n’ont même pas encore été jugés?! Ce monde comme il va?!

 

Je voudrais profiter de cette occasion pour clarifier un point?: ma radiation de l’AND ainsi que ma rétrogradation par l’ex-Président Sambi ne sont pas dus au procès Combo?; les Comoriens doivent le savoir très clairement?; en fait, 17 de mes compagnons d’infortune et moi avons été radiés, je le répète, non pas en rapport avec l’affaire Combo en tant que telle, mais suite à une affaire de «?rébellion contre la justice?» pour laquelle nous fûmes inculpés le 15 Décembre 2010?; dans cette affaire, souvenons-nous,

 

par jugement 255/11 du 14 Avril 2011, le tribunal de première instance a prononcé ma relaxe?; et par arrêt 09/12 du 08 Février 2012, La Cour d’Appel de Moroni, statuant sur appel du Parquet du jugement du 14 Avril, a prononcé la relaxe pure et simple des personnes poursuivies.

Aujourd’hui des esprits malins et malintentionnés font un terrible mélange des genres, établissant un amalgame dangereux avec l’assassinat du Lieutenant-colonel Combo ; si ma radiation de l’AND est due à une affaire de prétendue rébellion contre la justice, pourquoi ma réintégration serait liée?au procès de ‘l’affaire Combo’??

 

Il sera relevé d’ailleurs qu’avant même l’examen du dossier «?rébellion?» fixé au 09 Avril 2011, l’ex-Président Sambi, devançant la justice, ou plutôt voulant lui montrer la voie à suivre, me radia de l’Armée le 26 Mars 2011, c'est-à-dire deux semaines avant l’audience de la Justice qui devait montrer que j’étais coupable ou non de rébellion?!

 

En procédant ainsi, c’est à dire avant que le tribunal ne rende sa décision, ceux qui ont pris l’affligeante décision de me radier ont à ce stade-là méconnu le principe de la séparation des pouvoirs, bafoué l’indépendance de la justice en voulant l’orienter, violé le principe de la sacro-sainte présomption d’innocence, tenté d’influer par avance sur les résultats du procès. Il demeure en tout cas que l’arrêt de la Cour d’Appel de Moroni a enlevé tout fondement légal aux sanctions militaires prises contre mes co-accusés et moi dans la mesure où nous fûmes tous acquittés?! Sur quoi donc l’ex-président Sambi s’est il basé pour nous radier?? Aller savoir?!

Après mon acquittement par la Cour d’assises, j’ai, dans un point de presse en date du 20 Décembre 2012, à Moroni, demandé au chef d’état-major, au Directeur de cabinet chargé de la Défense et au Président de la République de prendre leurs responsabilités pour réparer cette injustice.

 

Je réitère aujourd’hui ici mon appel au Président de la République car tout est entre ses mains ; il s’agit pour lui, en sa qualité de chef suprême des Armées, de réparer une injustice militaire grave dans un domaine où le dernier mot lui revient et, en tant que chef de la magistrature suprême et garant des institutions, de respecter et faire respecter une décision de justice. Rétablir cette injustice honorera le Président de la République qui prouvera qu’il ne peut guère accepter les méthodes passéistes de piétinement des textes militaires et des lois de la République?; ce sera une preuve que la bonne gouvernance et la protection des droits fondamentaux des citoyens est une réalité aux Comores.

Question 5: On parle d’un coup d’état qui a été déjoué aux Comores le 20 Avril? vos commentaires?

 

De la même manière dont je me suis toujours opposé à toute forme de piétinement des règles régissant le fonctionnement de notre Etat, je condamne sans équivoque et avec la véhémence la plus audible qui soit, cette énième aventure d’atteinte aux institutions et lois de notre pays, cette manœuvre de renversement illégal et injustifié du pouvoir?; un coup d’état est une action rétrograde qui foule aux pieds les lois de la République et méprise la volonté du peuple?; c’est une régression politique, économique, sécuritaire, juridico-légale, voire diplomatique; il suffit d’écouter la presse biaisée et en mal de sensations fortes, les fossoyeurs de notre Etat et tous ceux qui ne savent pas compter, parler de plus de 17 coups et tentatives de coup d’état à notre charge pour comprendre à quel point cela contribue à ternir l’image de notre pays, à en faire le paradigme des républiques instables et des «?damnés de la terre?». Et quand, par-dessus le marché, on parle d’élimination physique du Président de la République, l’horreur s’ajoute au mal et tous les comoriens doivent au moins s’en offusquer.

Je félicite naturellement les forces comoriennes de défense et de sécurité?pour la vigilance et le sens des responsabilités dont elles ont fait preuve à cette occasion. Je parle essentiellement des militaires pour une raison évidente?: les coups d’état que les Comores ont connus ont laissé de notre armée l’image d’une institution faible, inefficace, politisable à souhait?; et pourtant, qu’ont gagné les militaires de ces coups si ce n’est d’avoir contribué à ternir l’image d’un pays jadis connu pour sa sécurité et son hospitalité légendaire?? Que nous ont apporté les coups d’état en dehors de la cupidité pour les uns, de l’attrait pour les gains faciles et de la politisation, autant de facteurs qui ont conduit notre Armée au ras des pâquerettes?? Il est temps d’en prendre conscience et de penser, non seulement aux probables gains afférents aux putschs, mais aussi aux piteuses fins qu’ont connues ailleurs les Samuel Doe, Robert Guéi, Daddis Camara et autres adeptes de la fuite en avant.

L’Afrique en a assez, les Comores n’en ont que trop souffert. Les militaires comoriens doivent comprendre que notre salut réside, non dans cette tentation d’imitation de bidasses comploteurs aux méthodes dévoyées et désuètes qui n’honorent que ceux qui y croient, mais dans la légalité républicaine au service de la nation. Ils doivent porter le flambeau, non pas de mauvais sujets, mais de citoyens exemplaires dont l’amour de la patrie et le sens de l’intérêt national ne souffriront le moindre manquement?; ils doivent savoir que le monde les observe, que leurs frères d’armes de la Force en attente de l’Afrique de l’Est les regarde. Ils doivent comprendre que lorsqu’aux Comores les comptes sont faits, on parle rarement du citoyen civil qui a trahi son pays alors qu’on voit toujours le militaire qui a «?failli?» à sa mission.

 

Il faut maintenant espérer que la justice, avec professionnalisme et objectivité, ira jusqu’au bout pour que soient connus les vrais auteurs, complices, commanditaires de cette funeste bêtise?; pour qu’également tous les coupables soient punis avec toute la sévérité de la loi. De tels errements, s’ils ne sont pas bien éclaircis, jugés et sanctionnés, loin de s’arrêter, créeront des émules.

 

Quant aux politiciens, il leur faudra admettre que s’appuyer sur l’Armée pour prendre le pouvoir c’est politiser celle-ci, c’est en faire un instrument au service de l’illégal et de l’arbitraire. Ils doivent surtout savoir qu’on attend d’eux qu’ils dénoncent un coup d’état, non seulement quand il échoue, mais aussi quand il réussit.

 

Question 6?: On dit que vous serez candidat aux présidentielles de 2016. Votre réaction?

 

Dans la mesure où je suis livré à moi-même dans une misérable vie civile que je n’ai pas choisie, il apparait compréhensible que les Comoriens qui m’ont défendu et soutenu s’interrogent sur mon avenir et explorent toutes les pistes possibles pour moi?; je mentionne ici à l’intention des pêcheurs en eaux troubles qu’ayant été mis à la retraite, quoique de façon injuste et absolument contestable, les statuts d’un militaire d’active ne s’appliquent guère désormais à moi?!Du moins pour l’instant, j’espère?! Dans ces conditions, et avant ma réintégration dans l’AND que j’appelle de tous mes vœux, faire de la politique relèverait du choix personnel d’un citoyen moyen jouissant de ses droits civiques comme tout autre et ne contreviendrait à aucune quelconque loi militaire?; tout cela étant dit, je reprends ce qu’a dit Jésus dans le Nouveau Testament?:

«à chaque jour suffit sa peine?».


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